Parler plusieurs langues, voyager, habiter ailleurs

Imagine…. Imagine que l’on ne puisse imaginer ni les rois et leurs descendants, ni les frontières… C’est alors que nous voyagerions avec limpidité. Allant droit devant, se laissant porter par les courants. Existerait-il encore un « chez nous » ? … Et y aurait-il encore un « ailleurs » ?
Car il faut voir ces choses que l’on nous a apprises ! Serions nous capable de les reconsidérer afin de ne pas confondre les objets de création et le processus de création lui-même ? Toutes ces certitudes qui nous encerclent et qui, faute d’être réfléchies, laissant les autres choisir à notre place, deviennent servitudes. Peut-être que la seule chose que l’on ne nous ai jamais apprise est de désapprendre.
Alors parler plusieurs langues, voyager, habiter ailleurs : mêler sans cesse le renouveau et la continuation pour ne jamais s’immobiliser afin que par la grâce de cette interdépendance, habiter ailleurs devienne tout également habiter ici. De l’entendement, c’est tout ce dont nous aurons besoin.
A toi, je réserverai la langue inventée à force de vivre ensemble, celle qui parle du front têtu des taureaux, bêtes à cornes, ou encore de la mouette rieuse, planeur indépendant de ma volonté, bête sauvage, plume goguenarde, effleurant les rouleaux que forment les vagues qui sans arrêt nous portent ailleurs. Puis, il me faudra ce que l’on ne trouve pas chez les riches : des bouts de ficelles. Afin de faire tenir le tout et l’emballer en un paquet cadeau.
A l’image de la course des planètes, nous nous devrons d’avoir une trajectoire, c’est pourquoi nous inventerons un art de vivre : je saurai la différence qu’il y a entre le plat du pied, la pointe et le talon afin de reproduire le réel — danser — et toi, tu joueras, tu chanteras de concert car cette terre sur laquelle nous ne faisons que passer, il nous faudra bien la conter.
