Ensoleillé. Mer paisible. Indice de confiance 5/5
Ici, au bout du monde, c’est également vrai : cela marche comme partout ailleurs. Mais vous, vous me croyez, n’est-ce pas ? Quand bien même l’illusion de voir le soleil se coucher plus longtemps, la terre est si rase, quand bien même l’illusion que le ciel y est plus grand…
Au départ, il y a la plume, voilà tout. Toi, tu te demandes ce que tu veux devenir alors aussitôt te voilà à l’œuvre. Et l’on ne saurait s’y prendre avec plus de simplicité : normalement, on y va tous à l’épure.
Petit à petit, donc, l’oiseau a fait son nid et c’est après toute cette activité, après tant d’activités, que tu voudrais revenir à la plume. Allons bon, si tu veux ! Car il faut bien dire que tu t’embarrasses d’une âme, comme tous tes semblables : il doit bien y avoir une réponse puisqu’il y a une question ! C’est ici que, lassée, je te laisserai.

Ici, au bout du monde, niche le Goéland Railleur. Et je ne sais quelle illusion encore mais à sa mort je vous jure qu’il y laisse toutes ses plumes, jusqu’au dernier grammes à la pesée ! C’est un bel animal, très animal, que portent les courants. On le voit passer au dessus des maisons, et l’on s’y fierait plus volontiers que les rythmes du clocher, car il compte en un temps propre, élastique, selon que la journée a été froide ou chaude.
Son cadre, qui en fera peut-être enfin une carte postale exotique, alors envoyée à un ami cher, en est le sifflement du vent, le grésillement blanc du soleil. Le ciel, si léger que l’on en devine par endroits l’absence de couleurs, suspendu comme voilure, je le reconnaîtrais entre milles nuances. Car c’est à nous – les tambours debout de l’orchestre – que jalousement il s’adresse. Là où la parole devient dialecte.
Ici, ça parle, ça parle ! Et l’on se plaît à regarder, au bout du monde, ces longues fleurs de ciel, aux plumes roses, qui ont la particularité de ne jamais rien faire de laid.
