Magie du verbe : fabriquer une éclipse

Page 277 – Grimoire

D’abord le trac, strictement sans autre, qui siffle d’éloquence, ne donnant sa parole qu’au discours, si bien que nous tourne-disque parce que ça commence à bien faire, mains sur les oreilles, si subtilise toi, si subtilise moi, alors pas contrariants, se volatilisent. Pour les disparus (entraînés dans un autre sillage) ohé !

Voyageurs fourbus que nous sommes, têtus, aveuglés de lassitude, louvoyant entre ceux qui espèrent, pour le lieu où les choses prennent noms, un billet retour et ces autres là, au terminus, figés depuis toujours dans une seule expression. Courir, conquérir, concourir, disjoints dans l’inquiétude de l’exploit pour qu’en escalade la promesse de qui, mascotte, se sommeille au creux de ton bras, dans ce dérisoire silence exclusivement composé de souffles, ta tête abandonnée, s’incline lentement, posée sur la sienne. Pour les disparus, ohé !

Dans la salle des ventes, en trompe-l’œil, la dénomination des choses. C’est mots à mots que nous voilà sortis du rêve – danser, c’est comme marcher sous la pluie – les dépaysant allegro, presto, avant qu’ils ne redeviennent sélectifs dans la bataille du luxe de s’exprimer, empesés de pouvoir, faisant taire tout sur leur passage – volatiles, sortilèges et sarabandes – et que trop d’encre coulée à leur suite ne nous entraîne dans un autre sillage. Pour les disparus, ohé !