Toujours d’un extrême à l’autre, à la fois transi, embrasé, trotter dans les rues maquillées aux néons, fébrile, ébahi, languissant à travers le bric-à-brac miroitant d’un éternel supplément. Carburer à la quintessence, c’est envoyer sur le qui-vive, dans la soif de monter au top, les « faire-part » des périls à venir pour se prémunir craintivement de l’infinitésimal. Et toujours rétracté et toujours en surface, accord perdu, contenant limité, face à face imperméable avec l’immensité. Alors courir encore plus vite dans l’espoir de doubler sa bonne étoile, relier les opposés, s’abreuver de crépitement, flamboiements, glaciers, volcans, abruptes hauteurs sacrées, vertigineuses altitudes où tout peut s’oublier.
Ainsi le voyage fut fait de guerre lasse, nager dans le courant, traîné, poussé, tiré, ils disaient pour l’amour du ciel (bis), opprimant de mondanités, accrochés comme fétiches aux images de marques, symbole du beau linge, signé quant-à-soi, places réservées où les desiderata sont toujours aux frais de la princesse, hiver comme été.
Et c’est bien après l’épuisement, au creux d’un hébètement creusé de répétitions, que revient l’antérieure petite musique de la liberté, nostalgie obsédante, l’ardent béguin de passage. Plier bagage à l’échelle de l’éphémère, faire l’escale du dérisoire, du minuscule, de la fraction de seconde, se ravitailler d’empathie dans l’instant, sens aiguisés, nous voilà semblables qu’importe la culture : vivants.
