Universelle résidence ambulante, nous voilà partis dans le décor : là sera notre repaire, le grenier à blé qui offre le gîte et le couvert, prompt à ravitailler, devrait tenir la route. Chaque espèce d’oiseau semble y posséder sa propre espèce d’arbre, en bonne harmonie et là haut à vive allure, sur les toits, cumulus et nimbus jouent à saute mouton.
Hypnotisés par cet espace tout croquant de vert, appelés au repos, ça a fonctionné pour nous à l’attraction, c’est comme ça qu’on s’est arrêté. Hardi désinvolte, fabuleusement redoutable, sa majesté bizarre est traversée de courants d’air, depuis ce matin ses yeux irradient. Lorsque s’échangent nos sourires tandis qu’il s’assoie sur un tronc d’arbre couché, c’est alors la terre comme au ciel. Dans la cosmogonie des cousins des nues, il est assurément celui que je préfère, si bien que nous voilà liés sans entraves. Je jure de le suivre jusqu’à ce que nos routes nous séparent.
Après vous savez ce que c’est, dès qu’on est plus de trois, on ne peut pas toujours avoir de la conversation. Dans le brouhaha des attroupements, ce sont toujours des mots empruntés, répétés, colportés, des mots vus, entendus, lus et approuvés, la vie administrée, les dernières nouvelles, ça siffle comme des balles de fusils, ça numérote soudain sans prévenir par centaines de millions, des millions de briques qui volent au dessus de nos têtes venant de loin, ô dieu, qu’est-ce qu’il y pourrait, mon banquier ? Tout ça, ça ne nous dit pas s’il nous reconnaîtra pour siens, sous nos noms de guerre, le patron d’en haut delà, le guru parfait sinon il vaut mieux s’adresser tout de suite à ses porte-paroles et rien que d’y penser, c’est la chute à nouveau, tous petits, tous petits nous sommes.
Ne rien oublier de noter, toujours passer d’une chose à l’autre. Il est temps de repartir dès que le corps secoué d’impatience voit glisser tel un fantôme s’évadant hors de lui, l’ennui. Entraînant taxi-boy, ce sera tout un travail que d’atteindre à sa suite, à la prochaine escale, le paradis sur terre.
