Trois, deux, un, allez, six heures quarante-cinq, temps couvert, cinq degré et tout ce que l’on prémédite de l’inconnu. C’est extraordinaire une ville prestidigitation ! Et même, tout est rien et rien est tout alors, tu vois le genre ? C’est extraordinaire !
Allez, trois, deux, un, partons. Toujours le même éblouissement, la rampe de lancement direction les agglomérations métalliques. Oust où ça luit, s’il fallait toucher terre, c’est comme si les oiseaux refusaient de migrer, oh là ! Toujours les mêmes routes imprévisibles et semblables et le nom que l’on nous donnera, nous ne le choisirons pas.
Allez, allez, trois, deux, un, c’est extraordinaire ! Il faudrait croire que la douleur inévitable que l’existence traîne en ses murs est propre son scintillement. Et le drôle de l’autre, avec son dieu qui se paye, se rembourse… Notre magot, ce sont nos tickets restau’ et chaque fois que tes yeux clignent, je sais qu’il est temps de dormir.
Trois, deux, un, allez ! Commis globe-trotter à l’œil, on prête l’oreille aux gens du pays qui parlent avec un naturel fantasque de choses dont nous ne savons rien. Je te décrirai, cartographe, un ciel pour chaque ville, une croix sur l’horizon, une liste de noms pour découper l’espace. Après, après, le véhicule éternel, ce sera ton costume de vacance pour la grande continuation, fin prêts ! En attendant, voici la sérénade des marcheurs : trois, deux, un, rhapsodie in blues.
