Nouvelle année sabbatique, en l’honneur du mois de novembre thaumaturge de l’an 2004, sorcière babillante prononce vœux incantatoires, danseuse corsetée, ailes de guipures, froufrous falbalas de fleurs en soie, bottes de sept lieues pour aller à huit lieues, caraco rouge, bracelets en chocolat, déguisée en fée caprice dans boite à malice, manteau de glace fondant comme glaçon sur la langue, filante comme étoile dans le grand rêve du tour du monde.
Nouvelle année sabbatique, en l’honneur du mois de novembre thaumaturge de l’an 2004, sorcière » aquatine « , écailles scintillantes, pétrole plein les poches, acheter coraux, nacres, morceaux de bambous pour jouer airs inconnus, danser sur clavier à musique, ballade en apesanteur comme floue de bonheur, comme plongée dans bain moussant de velours, comme métamorphose en pluie de neige fondue au caramel mou cristallisant dans un rêve du tour du monde.
Nouvelle année sabbatique, en l’honneur du mois de novembre thaumaturge de l’an 2004, entêtée, sourde, jamais suiveuse, jamais, jamais, chants de sirène plus limpides qu’océans pacifiques, comme ombre fraîche des rivières qui s’écoulent entre les cailloux, clic-clac régulier de la partition des eaux, jamais bête féroce en fond d’âme, jamais s’élever au dessus d’autres âmes, jamais, jamais, petite personne, minuscule, invisible : rêveuse, protéger comme enfant roi le rêve du tour du monde.
Nouvelle année sabbatique, en l’honneur du mois de novembre thaumaturge de l’an 2004, sorcière clown fugitif, comme songes pleins, comme paysages singuliers, ombre de mon chat derrière vous comme insaisissable attrape souhaits, comme piaillements volatiles d’avant l’orage, comme insectes fabriquant maisons en bouts de ficelles, comme talisman du meilleur à venir, précieuse faculté d’étourderies, confectionnant des combinaisons de mots chiffrés transparents pour embrasser le rêve du tour du monde.
Nouvelle année sabbatique, en l’honneur du mois de novembre thaumaturge de l’an 2004, comme zoizeau zéro plongé dans l’avenir vrai de son territoire immense, sans âge, sans nationalité, sans rien de rien de rien de rien qui ne m’appartienne, vagabonde en l’imaginaire, création petits papiers pour alimenter chandelle éternelle, guidant trains, paquebots, nacelles à bon port, partage avec tous les sorciers du monde, un rêve.
